Fermer

Les enfants de Dieu ne sont pas satisfaits de cette paternité pourtant glorieuse s’ils doivent la partager avec d’autres. Chrétiens, musulmans ou juifs, ils tiennent tous à ce que Dieu leur appartienne en exclusivité. Tous, ils se disent l’objet d’une complaisance divine particulière. Tous, ils se drapent dans une révélation. Dès lors, au lieu d’apparenter, la foi sépare et oppose. Pour mieux établir sa préséance ou rassurer ses fidèles, chaque religion invente son Satan ou son empire du Mal. Une époque censément technique et logique lit ainsi la bible ou le coran comme un précis d’histoire ou un compte rendu de laboratoire; sans surprise, elle y trouve ce qu’elle y a déposé: la promesse d’un destin privilégié. Au lieu de répandre l’humilité et la fraternité, la foi blinde les certitudes et les infaillibilités, elle distille la méfiance et l’hostilité.

La réplique ne peut venir que d’une éducation aérée, critique, généreuse. En se mettant à l’écoute de l’enfant qui survit et vit toujours au creux de chaque adulte, elle saura épanouir le rêve, concilier doute et sécurité, initier aux nuances. Puisque la société ne jure que par la rentabilité, l’éducation insistera pour lui opposer la liberté et le pluralisme, ces ingrédients essentiels de la lutte contre toutes les conscriptions.

Afficher
Questions religieuses et débats Essais littéraires Objectif moral et social de l’éducation Philosophie de la religion Religion comparée